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Quand la panique devient une sensation catastrophique : comment faire face aux attaques de panique

Auteure : Roza Fileva-Hadzhova

Quand la panique devient une sensation catastrophique : comment faire face aux attaques de panique

Dans le monde incertain et anxieux d'aujourd'hui, le sujet des attaques de panique est de plus en plus présent. Mais que sont-elles exactement et comment s'expliquent-elles du point de vue de la psychodynamique (terme décrivant la manière dont les forces psychiques internes, les conflits et les expériences influencent les pensées, les émotions et le comportement d'une personne) ? Il ne s'agit pas simplement d'une « peur exagérée » — c'est une expérience psychologique et physique complexe souvent associée à une sensation de perte de contrôle, des palpitations cardiaques, un essoufflement et même le sentiment que « quelque chose de terrible va se produire » (APA, 2022 ; Barlow, 2002).

Pour les personnes qui souffrent d'attaques de panique, même des situations quotidiennes ordinaires peuvent devenir une source d'anxiété. Mais avec le soutien psychothérapeutique approprié, ces épisodes peuvent être compris, maîtrisés et même prévenus.


Anxiété versus attaque de panique : tension progressive contre peur catastrophique

Beaucoup de personnes confondent l'anxiété et l'attaque de panique, mais il s'agit fondamentalement de phénomènes différents (APA, 2022) :

  • Anxiété – un sentiment prolongé de tension et d'incertitude lié à l'anticipation de menaces futures. Les symptômes comprennent l'inquiétude, la tension musculaire, la fatigue et les difficultés de concentration. L'anxiété peut être modérée et même utile dans la vie quotidienne.

  • Attaque de panique – un épisode soudain de peur ou de terreur intense, souvent sans cause claire. Les symptômes sont dramatiques et physiquement marqués : palpitations, essoufflement, vertiges, sensation de perte de contrôle. Elle dure généralement de quelques minutes à une demi-heure.

Différence essentielle : l'anxiété est progressive et liée à l'anticipation, tandis que l'attaque de panique est soudaine et intense, presque « catastrophique » dans sa sensation (Clark, 1986).


La panique comme signal intérieur : le corps parle quand l'esprit ne le peut pas

Dans la perspective psychodynamique, l'attaque de panique peut être comprise comme un signal de processus et de conflits psychiques internes qui ne sont pas pleinement conscients. Elle n'est pas considérée uniquement comme une réaction à la peur, mais comme l'expression d'une tension entre différentes parties du psychisme.

En premier lieu, l'attaque de panique peut être vue comme un signal de désirs et d'impulsions refoulés. La psychanalyse classique envisage l'attaque de panique non pas simplement comme une peur, mais comme un signal émanant des parties inconscientes du psychisme (l'inconscient étant constitué de pensées, de sentiments et d'impulsions inaccessibles à la conscience, mais qui influencent le comportement). L'anxiété est un signal du moi (terme psychanalytique désignant la partie du psychisme qui assure l'équilibre entre les impulsions inconscientes et les exigences de la réalité) indiquant que des impulsions refoulées tentent de faire irruption dans la conscience (Freud, 1995).

La panique peut également se comprendre comme un signal de conflits inconscients liés aux personnes significatives de la petite enfance. Elle peut être associée à des objets intériorisés (représentations internes de personnes significatives qui influencent l'expérience émotionnelle) et à des expériences de la petite enfance qui s'activent sous l'effet du stress ou d'une sensation de perte de contrôle. Ces signaux sont souvent exprimés corporellement et ont pour fonction d'attirer l'attention sur des conflits émotionnels non résolus que le psychisme ne parvient pas à symboliser par la pensée ou les mots (Brenner, 1975 ; Abraham, 1924).

Pris ensemble, Freud, Abraham et Brenner nous aident à comprendre que l'attaque de panique est une expérience psychologique et physique complexe qui porte des informations sur les conflits intérieurs et le besoin de prise de conscience et d'acceptation des émotions.


L'effondrement de la sécurité intérieure : une catastrophe dans le psychisme

Selon Melanie Klein et Donald Winnicott, le psychisme se construit au cours du développement précoce de l'enfant à partir des représentations que celui-ci se forme des personnes significatives — les « objets internes ». Ces objets peuvent être bons — apaisants et bienveillants — ou hostiles, et influencent la façon dont l'individu vit l'anxiété. L'attaque de panique survient souvent lorsque le sentiment de sécurité procuré par le « bon objet interne » disparaît. La panique est donc fréquemment associée à une anxiété primitive — une anxiété ancrée dans les expériences émotionnelles précoces, souvent vécue comme une peur de désintégration ou d'anéantissement (Klein, 2005). L'anxiété dans ce contexte s'éprouve comme un sentiment de :

  • Désintégration – la sensation que le monde intérieur s'effondre

  • Anéantissement – la peur d'une « destruction » interne ou externe

  • Perte de contrôle – la sensation que rien ne peut être maîtrisé

  • Mort psychique – le sentiment d'une catastrophe intérieure totale (Brener, 1975).

Wilfred Bion (1962) ajoute que lorsque l'anxiété brute ne peut être supportée et élaborée sous une forme plus compréhensible et tolérable, elle se manifeste par des réactions corporelles intenses que le patient perçoit comme catastrophiques.


Comment soutenir quelqu'un lors d'une attaque de panique : présence plutôt que pression

Une attaque de panique peut être difficile à vivre pour la personne qui en est victime, ainsi que pour son entourage. Un soutien approprié peut aider les symptômes à se résorber plus rapidement.

Conseils pratiques :

  1. Restez calmeMaintenir une présence sereine peut aider la personne à se sentir plus en sécurité et plus stable. Des phrases courtes et claires sont utiles — par exemple : « Tout va bien, je suis là. » ou « Essaie de respirer lentement avec moi. »

  2. Évitez les questions intrusivesDes questions comme « Comment tu vas ? » ou « Tu te calmes ? » peuvent être perçues comme une pression lors d'une attaque de panique. Il vaut mieux se concentrer sur des mots et des actions de soutien plutôt que de poser des questions continuellement.

  3. Reconnaissez ce qu'elle ressentPlutôt que de minimiser l'expérience, dites quelque chose comme : « Je comprends que c'est effrayant, mais tu es en sécurité. »

  4. Soutenez la respirationVous pouvez compter ensemble ou guider l'attention vers une respiration lente et profonde : « Inspire… 1, 2, 3, 4… Expire… 1, 2, 3, 4. »

  5. Proposez un endroit plus calmeSi possible, s'éloigner du bruit et de la foule peut aider le système nerveux à se calmer.

  6. Utilisez des objets d'ancrageVous pouvez suggérer à la personne de toucher ou tenir un objet proche d'elle — par exemple une chaise, des clés ou un téléphone. Cela aide souvent à rétablir le contact avec la réalité et à réduire la tension.

  7. Redirigez l'attentionAider la personne à se concentrer sur une tâche précise — comme compter, réciter un poème ou nommer des objets environnants — peut distraire l'esprit des pensées paniquantes et soutenir le sentiment de contrôle.

  8. Évitez la pression physiqueTirer, secouer ou agripper quelqu'un n'est généralement pas utile, sauf en cas de danger immédiat.

  9. Après l'attaqueLorsque la panique se dissipe, restez auprès de la personne et continuez à lui offrir du soutien. Écouter et être présent sans jugement est précieux pour la récupération (Barlow, 2002 ; NIMH, 2022). La présence et l'attention, sans pression ni questions intrusives, aident la personne à se sentir en sécurité et soutenue, ce qui peut réduire l'intensité des symptômes.


Comment la psychothérapie peut-elle aider ?

  1. Comprendre les causesLe psychothérapeute aide le patient à relier les attaques de panique à des conflits intérieurs spécifiques, des expériences traumatiques ou des peurs inconscientes.

  2. Créer un espace sécurisantLe thérapeute fonctionne comme un « bon objet interne », permettant au patient d'exprimer son anxiété sans crainte du rejet.

  3. Surmonter l'anxiété corporellePar la thérapie, le patient apprend progressivement des techniques pour maîtriser les réactions physiques, telles que la respiration, l'ancrage et la symbolisation des émotions.

  4. Stabilité à long termeL'objectif n'est pas simplement de supprimer le symptôme, mais de construire un monde intérieur stable qui réduise le risque de récidive des attaques de panique.


Conclusion

Les attaques de panique peuvent être terrifiantes, mais elles sont compréhensibles et traitables. Grâce à la psychothérapie, une personne peut comprendre ce qui se cache derrière ces épisodes soudains d'anxiété, retrouver un sentiment de sécurité intérieure et acquérir les compétences nécessaires pour faire face aux moments de crise. Il n'est pas nécessaire de vivre dans la peur — avec le bon soutien, la panique devient une expérience gérable.


Références

  • Abraham, K. (1924). Notes on the theory of panic attacks. In P. Gay (Ed.), Psychoanalytic writings of Karl Abraham (pp. 45–62). London, UK : Hogarth Press.

  • Vasilev, S. (2021). Psychanalyse kleinienne contemporaine. Sofia : Kolibri. [en bulgare]

  • Barlow, D. H. (2002). Anxiety and its disorders : The nature and treatment of anxiety and panic (2e éd.). New York, NY : Guilford Press.

  • Bion, W. R. (1962). Learning from experience. London, UK : Heinemann.

  • Bion, W. R. (2023). Réflexions faites. Sofia : Riva. [traduction bulgare]

  • Brener, C. (1975). Panic : Psychological and psychodynamic perspectives. New York, NY : Jason Aronson.

  • Freud, S. (1992). Au-delà du principe de plaisir. Sofia : Nauka i Izkustvo. [traduction bulgare]

  • Freud, S. (1995). Anatomie des émotions. Sofia : Evraziya. [traduction bulgare]

  • Klein, M. (2005). L'Amour, la culpabilité et le besoin de réparation. Sofia : Lik. [traduction bulgare]

  • National Institute of Mental Health. (2022). Panic disorder. https://www.nimh.nih.gov/health/topics/panic-disorder

  • Clark, D. M. (1986). A cognitive approach to panic. Behaviour Research and Therapy, 24(4), 461–470. https://doi.org/10.1016/0005-7967(86)90011-2

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